Puck reciprocite

Blockchain et RSE : transparence & technologie, facilitateurs de confiance.

Lepetit Jeremi
3 min readMay 31, 2020

S’il est un thème indissociable de la blockchain, c’est bien celui de la transparence des transactions. Non pas dans l’identité des parties prenantes, protégées par un procédé cryptographique, mais dans celle du registre distribué et décentralisé. Pour autant, si la transparence est un vecteur incontestable de confiance, la confiance n’a quant à elle pas nécessairement besoin de transparence pour être instaurée. Une relation commerciale transparente sera indiscutablement source de confiance mais la réciproque n’est pas vrai. Une relation commerciale basée sur la confiance ne sera pas nécessairement transparente. La question de la confiance est au centre de toute relation, qu’elles soient commerciale, diplomatique, bancaire, sociale, conjugale, etc. La blockchain serait-elle la solution technologique susceptible d’automatiser la transparence et de garantir une confiance totale dans toute forme de transaction ?

Beaucoup l’espèrent, et cette technologie incarne l’idée d’une alternative technologique au principe de confiance. Mais la blockchain et ses diverses applications ne sont que des outils et leurs propriétés sont par conséquent tributaires de leurs concepteurs et/ou de leurs systèmes de gouvernance. Si on retrouve dans l’essence même de cette technologie et dans plusieurs de ses applications un système de gouvernance décentralisé, la concentration de la puissance de calcul au sein de quelques cartels du minage a biaisé la probité de certaines d’entre elles. Par ailleurs, la multiplication des projets et les intérêts de plus en plus marqués des industries “conventionnelles” ont vu émerger des blockchains parfaitement opaques avec des systèmes de gouvernances centralisés, fédéraux ou encore ploutocratiques. La question de la transparence dépasse donc le cadre technologique pour se situer dans l’ambition du concepteur.

La technologie au service d’une ambition.

Si la transparence n’est pas affaire de technologie, mais qu’elle est affaire de conception, d’intention, d’ambition et donc in fine de gouvernance, alors n’importe quel dirigeant, n’importe quelle organisation, n’importe quel conseil d’administration peut volontairement faire le choix de plus de transparence, avec ou sans aide technologique. Pourquoi alors, n’est ce donc pas déjà le cas ? Peut être parce que nos organisations actuelles n’ont pas été conçues avec cette ambition et parce que rien (ou trop peu) dans les instruments d’évaluation de la performance n’encourage cette vertu. Pourtant les attentes des individus (citoyens/consommateurs) en matière de transparence n’ont jamais été autant exprimées et jamais aussi pressantes. Le sentiments de méfiance dans nos sociétés est quant à lui exacerbé. Pour éviter le délitement de cette confiance, le temps est venu de valoriser la transparence des organisations et de créer des mécanismes de récompense à tous les niveaux de la société (fiscalité, bonus, rémunération, mandat, etc.). Et si la blockchain n’est pas la solution magique, elle offre une base technologique susceptible de faciliter la mise en place de tels mécanismes.

C’est d’ailleurs le constat que partage

, fondateur de Starchain Capital et de l’incubateur blockchain The Garage : Bien utilisés, les protocoles blockchain apportent des garanties fortes de transparence, de sécurité et de fiabilité… De part ses caractéristiques techniques intrinsèques et ses capacités à créer des incentives vertueuses, cette technologie a tout pour être le socle technique d’une économie plus responsable et éthique.

La blockchain présente donc toutes les caractéristiques pour développer une infrastructure technique favorable à cette ambition. Elle offre aux dirigeants, l’opportunité de concevoir ces mécanismes, de les programmer, de les automatiser et de les inscrire durablement dans leurs organisations. Dans le monde qui s’annonce, bâtir de nouvelles règles du jeu et tisser la toile d’une confiance renouvelée sera indispensable pour espérer conquérir ou conserver des parts de marché.

par Jérémi Lepetit — cofounder

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